Chaque groupe éthnique a sa musique et ses instruments qui lui sont propres.
Danser, frapper, pincer...
Le Sabar
La musique des wolofs est jouée principalement avec le neunde, tambour taillé dans un morceau de bois massif, en forme de mortier, et recouvert de peau de chèvre. La peau est tendu à l’aide de sangles et de tiges en bois. La percussion se joue à l’aide d’une baguette, qui donne une sonorité très caractéristique. Le soliste est souvent accompagné par le thiol et le bang bang, instruments de la même famille. Le Sabar est utilisé pour les baptêmes ("nguinté), les mariages ("tak") et les grands événements du village ou du quartier. Les sabars et les tanebers (sabars du soir) sont pour les femmes l’occasion de se vêtir de leurs plus beaux boubous et de dévoiler leurs charmes par leur jeu de jambes.
Le sabar est aujourd’hui mondialement connu grâce à Doudou Ndiaye Rose, qui a composé un orchestre de neunde.
Le tambour djembé, originaire du pays mandingue, se trouve désormais dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il est l’instrument-roi des ethnies Malinké, Soussou et Baga de Guinée. Au Sénégal, il fait désormais partie du bagage de retour de très nombreux touristes.
Evidé et sculpté en une seule pièce, il est recouvert d’une peau de chèvre tendue par un tressage de corde, qui est frappée à la main. Chaque musicien personnalise son instrument à son goût et certains y ajoutent des sonnailles métalliques (les sésé, séséké ou oreilles) pour lui donner un tintement métallique.
Le Nguel
La musique traditionnelle des sérères est jouée essentiellement avec des calebasses retournées, le musicien faisant usage des ses dix doigts. Le Gamb est une calebasse entière, évidée, sur laquelle on frappe avec les doigts bagués. Le nguel est souvent organisé durant la saison des pluies quand les sérères rejoignent leurs villages pour les activités champêtres.
Le Wango
Le wango est la danse traditionnelle des Poular. la musique est jouée avec le riti ou lehodou, qui est une petite calebasse sur laquelle on tend une peau de bœuf avec quatre cordes.
En Casamance, les Diolas, les Mankagnes, Socés, Balantes ont également leur musique propre, très rythmée, jouée avec des tambours, des balafons (xylophone en bois, avec des caisses de résonance en calebasse), des kessing-kessing et des dioundioug.
Musiques et chanteurs
Du rythme traditionnel des Ndiaga Mbaye, Samba Diabaré Samb, les artistes reproduisent l’essentiel pour le mélanger à des sonorités de plus en plus modernes.
Ainsi sont nés le Mbalax et le Yéla, dans leur forme actuelle. Le Mbalax est sans doute la musique sénégalaise la plus connue, grâce notamment à Youssou Ndour. A un rythme endiablé, il mêle désormais des instruments européens (guitare, flûte et trompette) aux instruments typiquement sénégalais comme le djembé, le tama (tambour d’aisselle), le kessing-kessing.
Le Yéla, rythme d’origine pulaar connaît moins de succès au Sénégal, même s’il s’est exporté grâce à Baaba Maal, principal précurseur. Cette génération de chanteurs, à laquelle appartient certains grands noms de la musique sénégalaise tels que, Ismaël Lô, Omar Pène, Thione Seck est venue donner l’impulsion et le rayonnement actuel de la musique sénégalaise.
Le Mbalax a connu vers le début des années 90 un nouveau regain d’énergie, avec l’apparition de groupes tels que le Lemzo Diamono, qui a vu le passage de bon nombre de chanteurs actuels, tels Fallou Dieng, Alioune Mbaye Nder. A ceux-là on peut ajouter Coumba Gawlo Seck, et plus récemment Viviane Ndour, Pape Diouf, Abdou Guité Seck, Ndongo Lô, Titi .
Le précurseur de la Salsa version sénégalaise , qui mêle musique de Cuba et du Sénégal, est Laba Socé et l’Orchestra Baobab, qui ont été suivis par des groupes comme Africando, Super Cayor, le Sabador...
La musique rap n’a pas épargné le Sénégal avec des groupes comme Positive Black Soul, Daara J, Bat’haillon Blindé, Nix, etc.
D’autres grands noms encore : les frères Touré Kunda, originaires de Casamance et grands joueurs de Kora, les Frères Guissé, musiciens Al Poular, Cheikh Lô et bien d’autres...


