L’espace est clair. Il s’ouvre au soleil et sur la cour dallée sont alignées de petits bonshommes en fil de fer, dodelinant de la tête, allant par deux, figés dans leur posture. A quelques pas de là, de petites installations de ces mêmes sculptures conversent entre elles. Sur les murs blanchis à la chaux sont accrochés des sacs multicolores en tissus imprimés. La récupération est présente sous forme de canettes.
L’édifice a longtemps servi de salle de cinéma. Il était tombé en désuétude avant d’être réhabilité par deux femmes, Anta Mbow, une Sénégalaise ayant vécu 30 ans en France et Valérie Schlumberger, sensibles aux conditions inacceptables et malheureuses des enfants de la rue et des abords des plages dakaroises. Elles décident de mener un combat : soustraire ces espoirs de vie des entrailles de la rue, en créant ce centre d’accueil et de réinsertion en mai 2003.
Après cinq ans d’existence, ce rêve commun devient une réalité et ces enfants, par l’apport et le soutien des bonnes volontés à travers des formations en peinture, poteries, desseins et sculptures deviennent des vrais artistes.
La Bennale n’a pas manqué de les inscrire dans le programme du « Off » avec le vernissage « Travaux des enfants de l’Empire » le 10 mai dernier. Alors, l’Empire des enfants, un véritable centre d’art dans toutes ses dimensions. Cet espace est devenu une couveuse pour les enfants et un abris pour les ados . Leurs oeuvres sont des “porte-voix”.
Ils dessinent avec leurs pinceaux, leur colère contre un monde injuste et décrivent leur environnement et leur désir de retrouver une famille. Des oeuvres porteuses de messages et pleine de vie. Ces enfants sont des talibésTalibésAu sens éthymologique, disciple ou élève apprenant le coran. Au Sénégal, un talibé est un enfant confié par ses parents à une école coranique. Le contrat traditionnel implique que le marabout enseigne le coran à et lui inculque une des vertus essentielles, l’humilité, par la pratique ponctuelle de la mendicité. fuyant les maltraitances du maître coranique. Ils viennent du Mali, de la Guinée Bissau, de la Guinée Conakry, de la Gambie et du Sénégal. Ce sont des enfants en ruptures de ban, perdus ou abandonnés qui composent cet Empire d’artistes.
Modou Touré, talibé en fugue témoigne : « Je viens de la Gambie et je vis ici depuis 2 ans, j’ai appris beaucoup de choses, l’informatique, la peinture et surtout le cirque. Dans trois mois, j’irai en Suède poursuivre une formation dans une école de cirque. » L’Empire des Enfants, est en ce moment de la biennale, un centre d’art qui participe à la fête des couleurs et de la créativité.
Contact
Empire des enfant, Av. Malick Sy, Dakar
Tél : 33 842 21 55 - http://empire-enfants.skyrock.com/













